Les armoiries personnelles de
la très honorable Adrienne Clarkson
Description et symbolisme
Écu
: Le phénix s’élevant au milieu de flammes est un symbole à la fois oriental et occidental.
Représenté dans le style chinois, il évoque les racines familiales de Mme Clarkson, soit les peuples
Toysan et Hakka du Sud de la Chine, ainsi que sa ville natale, Hong Kong. Ce phénix chinois, tout comme le phénix
occidental, est un oiseau mythique qui renaît de ses cendres, symbolisant ainsi renaissance et régénération.
La famille de Mme Clarkson chérit ce symbole depuis toujours car il illustre très bien son état de
dépouillement à sa venue au Canada et les efforts de ses membres pour reconstruire leurs vies sur les décombres
de la Seconde Guerre mondiale. La feuille d’érable demeurée intacte au milieu des flammes est le reflet
de cette vie nouvelle en tant que Canadiens. Le phénix des armoiries a été exécuté à partir
d’un exemple figurant sur la décoration d'un tissu datant de la dynastie Qing qui a régné au
XVIIIe siècle. Ce modèle a été proposé par le docteur Suan-Seh Foo, médecin et
artiste de Toronto. Dans la culture chinoise, le feng huang (phénix) est un oiseau magique qui incarne le principe
féminin du yin et qu’on associe à l’élément feu. Premier parmi les oiseaux, il
partage son domaine avec quatre autres animaux mythiques qui sont la licorne, maître des quadrupèdes, la tortue,
maître des animaux à carapace, et le dragon, maître des animaux écailleux. Des quatre, le phénix
est réputé être du meilleur augure. Il incarne également cinq vertus cardinales chinoises :
la bienveillance, la droiture-justice, le respect, la sagesse et la confianceintégrité. (En Occident les
quatre vertus cardinales justice, prudence, courage et tempérance et les trois vertus théologales foi, espérance
et amour montrent qu’il existe certains liens avec les cinq vertus chinoises.) Ainsi le phénix nous rapproche
d’une idée chère à Mme Clarkson voulant que la fonction de gouverneur général
incarne un équilibre entre l’éthique, l’expérience et la compassion. La longue carrière
de Mme Clarkson en journalisme télévisé est représentée par un éclair et sa fonction
de gouverneure générale et de représentante de la Souveraine par la couronne royale.
Cimier : Les lambrequins et la torque qui coiffent le heaume sont rouge et or. Les trilles sont l’emblème
floral de l’Ontario où Mme Clarkson habite et évoquent son prénom chinois qui se traduit par « branche
glacée fleurissante ». Le huard est un oiseau que l’on trouve en abondance dans les environs de son chalet,
situé sur une île dans la baie Georgienne. Mme Clarkson et son époux, John Ralston Saul, l’ont
toujours admiré et participent aux efforts visant à protéger et à conserver cet oiseau et d’autres
animaux sauvages. Elle estime que le huard est également un symbole de la magnifique nature du Nord et qu’il
revêt une importante signification pour de nombreux Canadiens qui admirent son cri et sa beauté.
Supports et terrasse : Les tigres sont les animaux favoris de Mme Clarkson, car elle est née dans
l’année du tigre, selon l’ancien calendrier astrologique chinois, et a toujours été fascinée
par la grâce de cet animal courageux et puissant. La croix sur un disque blanc est un symbole de sa foi et provient
de l’insigne octroyé à l’Église anglicane du Canada en 1995. Les rochers et les arbres évoquent
le paysage qui s’offre au regard de Leurs Excellences, à leur chalet, ainsi que les pins tordus par le vent
et les pentes de granit que plusieurs peintres du Groupe des Sept ont immortalisés. C’est aussi un symbole
de son amour pour le Nord.
Devise : Sur un listel sous le dessin figure l’inscription « VERUM SOLUM DICATUR . VERUM
SOLUM ACCIPIATUR » extraite d’une prière : « Que seule la vérité soit dite, que seule
la vérité soit entendue ». La devise comme telle se traduit ainsi : « Que seule la vérité soit
dite, que seule la vérité soit reçue par l’ouïe ». Il s’agit d’un des
dictons préférés de Mme Clarkson qui reflète un élément très important
de ce que, selon elle, les Canadiens devraient s’attendre à recevoir et à entendre : la vérité et
l’intégrité. La traduction latine a été faite en collaboration avec le professeur Ian
McDonald, de l’Université de Toronto à Scarborough.
(Décembre 2004)